L'état de mon mal de dos était tel, que le jeudi soir, après avoir traîné dans tous les endroits susceptibles de nous convenir pour les souvenirs, j'ai dû rentrer doucement à l'Hôtel et me coucher après avoir absorbé des Efferalgants et des anti-inflammatoires. Je ne pouvais presque plus me tourner sur mon lit… Une vraie catastrophe à  72 heures du jour J ! Le lendemain, vendredi, petit mieux pour le dos et nous décidons de monter à 'l'Empire State Building' situé à une avenue de nôtre base. Inoubliable; 102° étage pour 10$ seulement; un point de vue exceptionnel et une montée en deux tronçons d'ascenseur, moins d'une minute pour les premiers 86° étages puis plus lent pour 86°/102°; Central park au loin, l'immensément longue Première Avenue (que l'on fera en course) et,dans la brume du matin, le pont de 'Verrazano' lieu du départ !
A 14h00 dans l' après midi , nous nous inscrivons à une excursion à la statue de la liberté et au musée des immigrants, qui affluaient jusqu'en 970, par les paquebots transatlantiques.
Malheureusement, la statue de la liberté devient pour les américains le premier objectif (après la maison blanche), à atteindre pour les terroristes, ce qui fait que nous sommes des centaines à attendre à l'embarcadère  pour subir un nouveau super-filtrage sous portique électronique, détecteurs de 'sales gueules' , et j'en passe; en plus, on avait prévenus que depuis le 11 septembre 2001 il n'était plus question de grimper sous les jupes de la 'dame' . Je leurs aurais bien dit que s'ils nous ennuyaient  trop , on récupérerait la liberté en leur laissant  le socle bien à eux mais, mais avec mes deux mots et-demi de vocabulaire, je n'aurais eut aucune chance et, dans le cas contraire ils m'auraient retiré de la circulation et adieu le marathon pour lequel j'avais spécialement franchi l'atlantique. Nous avons accosté sur 'Liberty Island' et tourné autour de la Belle , puis après avoir pris de belles photos de Manhattan au soleil bas sur l'horizon, nous avons refait le chemin des immigrants, en visitant le musée sur  'Ellis Island'. Ce dernier est très impressionnant , surtout pour avoir vécus  nous -même (surtout moi ! ) en miniature, les affres de l'arrivée dans un pays inconnu par la manière de  vivre et  surtout par la langue. Les nuages , le vent, puis le crachin nous ont accompagnés  vers la terre ferme. Retour à l'hôtel et recherche d'un petit repas du soir tranquille;  ce jour-là, ce fut Irlandais. Notre copain n°3, un 'petit jeune' de 48 printemps excellent en langue Anglaise en a profité pour plaisanter avec la belle serveuse , mais nous avions remarqué qu'il ne prenait que de l'eau à chaque repas car, en fait, il avait un objectif pour le marathon qui n'était pas seulement  de terminer, mais aussi de faire un bon temps. Rentré au bercail à 22h30, nous avons pensé qu'il était temps d'aller à la grande poste, juste  derrière le 'Madison Square Garden'. Nous nous sommes dit  'à cette heure là, cela va aller tout seul pour acheter nos timbres poste'… 
En entrant nous avons vu 5 guichets occupés et  une grande 'queue' de 20 à 25 personnes  attendant devant celui du milieu ! Nous avons attendu que l'un de notre côté se libère, et nous y sommes allés. Quelle erreur ! La personne qui attendait bien gentiment devant cette fameuse file, s'est précipité sur nous et, d'après ce que m'ont dit mes copains , elle voulait ameuter toute la poste et la police des environs. Nous nous somme sauvé comme des voleurs et  avons fait un retour discret aux aurores, pour acheter nos nombreux timbres (vendus exclusivement dans les postes) Samedi matin à 8h00, était prévue comme tous les ans, un petit footing appelé 'International Friendship Run', un trajet de 6 km, depuis les Nations Unies dans la 1° avenue/46° rue,  jusqu'à Central Park avec petit déjeuner  offert. J'ai bien évidemment renoncé à cette manifestation pour préserver mes chances de terminer la vraie course du lendemain, dimanche . Les copains sont revenus en fin de matinée avec à la main leur sachet  contenant un petit pain beurré, fleurant bon le carton chaud ; ils n'avaient tout de même pas oublié de boire leur café 'plastique' sur place. L'après midi fut plutôt consacré au repos et à la préparation de la course : Agrafage du dossard, remplissage le plus léger possible du ravitaillement en barres céréales/chocolat + l'appareil photo jetable, dans la poche kangourou cousue spécialement sur un 'marcel' pour mes marathons. Préparation des petits  papiers avec mon adresse d'hôtel et ma nationalité en cas d'abandon que je craignais énormément pour la première fois de ma vie de marathonien (c'était le 21°du genre).

St Patrick Church

Vue depuis l'Empire
state building

La statue de la liberté

Le jour J :  Petit-déjeuner offert par l'hôtel et servi au 18° étage à partir de 5h15. Sachant qu'il faut être dans les premiers pour ne pas attendre debout trop longtemps un des bus qui doivent nous emmener au départ au pied du pont de Verrazano, (à une heure de l'hôtel), nous nous  levons avec le stress habituel d'avant les marathons et en plus l'anxiété d'être en retard...
Je vais à peu près bien et je me mets beaucoup de crème chauffante sur les vertèbres lombaires, fesse et cuisse droite. Ensuite il faut s'habiller et placer dans un sac spécial avec notre numéro de dossard, les affaires indispensables pour notre retour métro depuis Central Park. A 5h00, nous montons au 18° ou c'est déjà commencé; nous sommes accueillis par une odeur de saucisses et  d'autres  victuailles  (dur à cette heure là pour un français !) Après avoir trouvé café, tartines beurre et confitures, cela va  mieux. Le lieu du rendez-vous pour les cars était à l'angle de la 5° avenue et de la 42° rue; nous sommes partis avec chacun notre gros sac  numéroté; j'ai profité d'un chantier pour prendre un grand morceau de carton épais pour m'asseoir à terre sur l'aire de départ. Au fur et à mesure que nous approchons du lieu du rendez-vous, la foule des coureurs augmente en volume sur le trottoir pour former des colonnes. Nous finissons par croiser d'autres colonnes sans fin, marchant dans le sens opposé, c'était fantasmagorique...  En fait au bout d'une petite demi-heure nous avons vu les premières navettes et c'est là que nous avons compris que les colonnes étaient dirigées en fonction du stationnement de chaque véhicules. Le temps de montrer notre dossard et nous voilà dés que le bus était plein. Le souvenir de ce transfert est vif, car le chauffeur très en forme, nous a conduit à un train d'enfer à tel point que quelques  passagers ont bien crus terminer dans le fossé, plutôt qu'au pont. Même le freinage à l'arrivée était acrobatique ! Il a expliqué que chaque bus devait faire deux aller-retour dans un temps déterminé. A 7h00 pile nous étions sur  place, il faisait froid, et le départ était prévu à 11h15 !
Imaginez une aire immense (ancienne base militaire) avec des panneaux partout, des délimitations, des zones de couleurs à respecter. Tout est structuré en fonction des valeurs  chronométriques de chacun :
Les vedettes, qui pénètrent  sur le site quelques instants avant la course, puis le reste, tous arrivés avant 8h sur cette aire, et répartis en 4 grands groupes, Jaunes, Bleus, verts, rouges, subdivisés eux-même en box de milles coureurs les uns derrière les autres toujours en fonction du temps prévu  pour accomplir la course. Le pont ayant deux étages, après le départ de l'élite, hommes et femmes, les quatre groupes démarrant de quatre petites routes différentes se rejoignent  à l'entrée du fameux pont et se partagent les étages.

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