Petit historique
Pour bien comprendre l'état des relations de la Lorraine avec ses voisins, il est utile de regarder leur histoire commune. La constitution de cette grande région soulève régulièrement des questions relatives au caractère apparemment arbitraire de l'association d'entités aussi différentes que la Sarre, la Lorraine, le Luxembourg et la Région wallonne. En effet, L'histoire a perpétuellement associé ces diverses entités, depuis la plus haute antiquité mais les frontières de ces territoires n'ont été fixées définitivement qu'au 19ème et au début du 20ème siècle. Les contacts les plus constants et les plus anciens ont été noués avec la Sarre dont une partie était d'ailleurs rattachée au royaume de France, tel Sarrelouis, à partir de 1680, ville natale du maréchal Ney.
La coopération transfrontalière de la Commission Régionale SaarLorLux/Trèves-Palatinat occidental est basée sur un accord entre les gouvernements de France, d'Allemagne et du Luxembourg. Cet accord a été conclu dans un échange de notes du 16.10.1980 entre les Ministres des affaires étrangères de ces trois pays. Cet échange vise une coopération politique entre les gouvernements régionaux. Les organes sont fixés conformément à l'art. 2. Il s'agit de la Commission intergouvernementale franco-germano-luxembourgeoise et de la Commission Régionale SaarLorLux-Trèves/Palatinat occidental. Cet accord a juridiquement verrouillé la coopération qui existait depuis 1971. Le principe de la coopération transfrontalière sous la forme d'un comité inter-étatique entre la France et l'Allemagne avait déjà été auparavant avalisé lors du sommet franco-allemand des 13 et 14 mars 1969.
La Commission régionale se compose des délégations des exécutifs des quatre régions membres. La Région wallonne ainsi que la Communauté germanophone et la Communauté française de Belgique participent depuis le 9 décembre 1998 à cette institution et à ses groupes de travail en tant qu'observateurs. Le Conseil Régional de Lorraine ainsi que les départements lorrains sont également invités en tant qu'observateurs dans le but de s'engager dans la coopération. La Commission régionale dont la présidence change régulièrement, se réunit une fois par an sur base des rapports et des résolutions préparées par les secrétaires de délégation. En vue de la préparation des résolutions, elle dispose de groupes de travail permanents avec parfois des sous-groupes en charge de projets concrets tels que l'élaboration et publication de différentes études d'aménagement du territoire, des conventions sur différents modes de transports, des mesures dans le secteur touristique, ou de projets transfrontaliers dans le cadre de partenariats entre écoles. Dans le cadre de la coordination des différentes missions, un bureau commun a été installé à Luxembourg en 1999.

Le bilinguisme
Le bilinguisme existe depuis la plus haute antiquité. C'est grâce à la Pierre de Rosette et à son texte trilingue gravé sur une stèle en hiéroglyphes, en démotique et en grec, que Champollion put résoudre l'énigme de l'écriture égyptienne. Au XVIIIe et au XIXe siècle, dans les collèges de Louisiane, on étudiait et on ne parlait le matin qu'en français, puis, l'après-midi, jusqu'à l'heure du dîner, on parlait exclusivement l'anglais. Résultat : les élèves de la Nouvelle-Orléans étaient parfaitement bilingues. Un autre pays, le Liban donne depuis plus de 150 ans l'exemple d'une parfaite éducation bilingue, le français et l'arabe d'abord, puis l'anglais à partir de l'indépendance, en 1943. Jusqu'à ces dernières années, l'anglais, devenu de plus en plus nécessaire, s'ajoute au bi-linguisme franco-arabe et permets aux Libanais de s'exprimer en trois langues. Actuellement, le bilinguisme arabo-anglais prend le dessus et il en résulte malheureusemeny une désaffection croissante à l'égard du français.
Le bilinguisme permets tout d'abord d'acquérir des connaissances dans les deux langues. Maîtriser plusieurs langues permets également de s'ouvrir l'esprit et d'apprécier les autres cultures et les autres pensées donc de  comprendre les 'différences'. Le bilinguisme permets de s'engager sur la voie de la tolérance et de l'universalité ce qui devrait exclure, à priori, le racisme, le nationalisme et le de refus du terme 'étranger'. En France, vers 1900, il avait été prévu de généraliser dans l'enseignement secondaire l'étude obligatoire de deux langues vivantes. Mais ce n'est qu'en 1932 que sera créée à Paris la première école bilingue, laquelle ne survécut pas, hélas, à la 2ème guerre mondiale. Il faudra attendre les années 80 pour voir la France sortir de sa francophonie exclusive et évoluer lentement vers le pluralisme linguistique. En ce qui concerne l'est de la France, selon une étude présentée le 20 février 2002 par l'Institut national des études démographiques (INED) devant la délégation à la langue française, on dénombre 548.000 locuteurs adultes de l'alsacien et 78.000 pour les dialectes allemands de Lorraine (platt lorrain ou francique). Les dialectes allemands d'Alsace et de Moselle seraient donc parlés par 626.000 adultes auxquels il faut rajouter environ 10 à 20 % de jeunes, soit environ 700.000 à 750.000 locuteurs.

La photo européenne du mois :
9 mai 2003 : remise de chocolat pour la journée de l'Europe aux élèves à l'école de Vieille Verrerie à Petite Rosselle. (R. Mog)

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Textes et photos © 2003 by C. Keller & R. Mog
(Sauf mentions particulières)