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Pecos Bill est né en Italie, à la fin de l'année 1949, de l'imagination fertile de Guido Martina, d'après une légende texane très connu. Si Guido Martina a écrit les scénarii de cette véritable saga, une cohorte de dessinateurs de talent a participé à son élaboration. Il n'est que de citer Raffaele Paparella, Roy D'Ami, Antonio Canale, Dino Battaglia, Gino D'Antonio, Pier Lorenzo de Vita, pour s'en rendre compte. Son succès fut tel, jusqu'à sa fin le 31 mars 1955, après 166 numéros, que durant toute la durée de sa publication il fit jeu égal et porta même de l'ombre à cette autre légende que fut à la même époque Tex Willer de Bonelli et Galeppini et qui eut la chance de 'vivre' plus longtemps… En France, le récit complet Pecos Bill est à la fois une reprise et la suite des «Aventures de Pecos Bill» parues dans le journal «Aventures» APG (voir à Périodiques APG). «Aventures présente Pecos Bill», est en fait le titre complet du fascicule. Cette collection constitue donc la nouvelle série en récits complets qui succède au périodique, Aventures APG, désintégré par la loi de 1949. C'est un bimensuel, au format 14,5 x 20, de 32, 28 ou 24 pages, qui paraît pour la première fois en France, un an après sa parution en Italie, le 11 novembre 1950 et va se poursuivre sur 166 numéros, à raison de 24 numéros par ans, jusqu'au numéro 18 du 20 septembre 1957. Sauf pour les deux premières années appelées « Nouvelle série » qui aura une numérotation continue du 1 au 52 puis la numérotation reprend chaque année avec un numéro 1. De fait après les 52 numéros de la « Nouvelle série », la numérotation reprend bizarrement au numéro 1 de la '4è année' le 5 janvier 1953. En fait, les 4 premiers numéros de novembre et décembre de 1950, représentent à eux seuls la première année, les 48 numéros suivants couvrant les 2 années qui suivent. L'éditeur a voulu ainsi reprendre la classification de la collection avec un numéro 1, au 5 janvier de chaque année, après les 3 premières années de la 'Nouvelle série' (les 2 numéros de novembre et les 2 numéros de décembre de 1950 constituent la 1ère année, les 48 numéros suivant à raison de 24 numéros par an, constituent la 2è et 3è année). Rappelons ici, la publication des 45 premières planches de Pecos Bill dans le périodique Aventures de 1950 (voir ce titre dans la partie Périodiques d'APG). Ces planches sont presque intégralement reprises dans les deux premiers épisodes en récits complets de Pecos Bill : Les Loups de la Rivière Rouge et, jusqu'à la page 18 de la Vallée du Mystère, dans le 2è fascicule. La principale et presque la seule série de cette collection est constituée par les aventures de Pecos Bill le légendaire héros du Texas, comme cela est indiqué sur toutes les couvertures, sous le titre Pecos Bill. Dans presque chaque fascicule apparaissent également des articles, sur une ou deux pages, à propos de la vie des indiens et des cow-boys par Joe Hamann : habitats, vêtements, langage des signes, rodéos, grands chefs et grands personnages de l'histoire du West ainsi que des rubriques d'histoires drôles, de jeux et quelques romans à suivre. A de nombreuses reprises, quand le déroulement du scénario s'y prête, la double page centrale est un véritable tableau panoramique à l'aquarelle, agrandissement géant d'une vignette de l'histoire (techniquement c'est l'inverse). Les épisodes qui portent un titre différent dans chaque fascicule (voir les listes plus loin) se suivent sur un ou plusieurs fascicules. Reprenant une légende texane, assez proche de celle de Remus et Romulus à Rome, Guido Martina décrit les aventures de personnages très attachants : Pecos Bill et ses amis Davy Crockett dit Big Tex, Meg Morgan dite Petite Meg, l'indien Plume Blanche, enfin Calamity Jane. Il faut noter tout de suite que Davy Crockett dit Big Tex n'a rien à voir avec Le Davy Crockett, personnage ayant réellement vécu, trappeur et défenseur de Fort Alamo contre les Mexicains, bien connu de tous, ni cette Calamity Jane, sexy en diable, avec Marty Canary dite Calamity Jane, le personnage ayant réellement vécu que nous décrivons par ailleurs. Toute une pléiade de dessinateurs talentueux se succèdent pour prêter vie à ce personnage légendaire qu'est Pecos Bill. A commencer par Raffaele Paparella qui en dessine les premiers épisodes. Puis successivement Pier Lorenzo de Vita (rien à voir avec Antonio De Vita, l'auteur du Petit Duc dans Kiwi) Antonio Canale, Roy d'Ami, Francesco Gamba, Gino d'Antonio, Dino Battaglia, Leone Cimpelin et Franco Donatello vont apporter leur contribution à cette saga (voir la liste des épisodes). Pecos Bill est le héros légendaire du Texas, «The roughest, toughest raider, west of the Alamo and the western superman to say the least», comme cela est joliment exprimé dans une des nombreuses chanson texane à sa gloire. Son histoire a été également, longtemps évoquée, non seulement dans des récits lors des veillées au coin du feu mais également dans certains livres scolaires aux USA et bien entendu, tout particulièrement au Texas ! L'histoire commence par le récit d'une légende texane, celle d'un héros fabuleux : Pecos Bill, rapportée par un personnage haut en couleur appelé Tournevis, le soir autour du feu de camp d'une caravane de pionniers voulant s'installer au Texas. Le récit parfaitement surréaliste, mélange la légende et la réalité, faisant pénétrer le mythe dans la vie quotidienne de ces pionniers ! Tournevis raconte comment un petit garçon, presque un bébé encore, tombe d'un chariot d'émigrants pionniers et est adopté par une maman coyote qui l'élève en même temps que ses quatre petits ! Le bébé grandît, devient un beau jeune homme blond, fort et intelligent. Toujours habillé de la même façon, il porte, avec une élégance certaine, un gilet mexicain sur une chemise blanche et un pantalon rouge, recouvert de chaps frangés. Chevauchant son cheval Tempête (parfois aussi appelé : Tornade ou Turbine (!) dans certaine publications), armé de son seul lasso qu'il manie avec une dextérité sans pareille, Pecos Bill parcourt le Texas et tous les états d'alentour, allant même jusqu'au Mexique et au Canada pour faire régner l'ordre et la justice. Loyal et courageux, protecteur des faibles et des opprimés, il châtie généralement à main nues, tous les malfaiteurs, bandits et malandrins qu'il rencontre. En effet, farouchement opposé à l'utilisation d'armes à feux, il se contente de son lasso et de ses poings, plutôt solides, pour imposer son point de vue aux hors la loi (mais peut-être devrait on dire son 'poing' de vue…). Il ne tue jamais ses adversaires, qui, la plupart du temps, tombent et meurent, victimes du destin et des circonstances, rappelant en cela, un autre héros de légende : Tarzan… Mêlant mythe et réalité, le récit se poursuit avec l'irruption du héros dans le quotidien de la caravane de pionniers. C'est Meg, une jeune fille du convoi, belle et douce, à qui Tournevis a raconté la légende, qui la première, croise le chemin de Pecos Bill. Elle en tombe amoureuse. Apparemment cet amour est partagé, puisque sept ans plus tard, après le départ de Pécos Bill vers ses aventures sans fins, dans le dernier épisode de la saga (1957 !) il lui naît un fils, le fils de Pecos Bill ! (Remarquons à ce propos ce records de gestation, jamais signalé dans aucun livre de médecine et encore moins dans le livre Guiness des records… mais ne gâchons pas notre plaisir avec cette triste réalité !) Après avoir quitté Meg qu'il a confié à son ami indien Plume Blanche, Pecos Bill va écumer le pays chassant le mal sous toutes ses formes. Comme il se doit le héros est bientôt accompagné essentiellement par deux personnages qui lui servent de faire-valoir et qui permettent en même temps, quand cela s'avère nécessaire, de «détendre l'atmosphère» et tout particulièrement quand l'intensité dramatique du récit nécessite une pause. Tout comme dans les aventures de Tex Willer et son presque alter ego Kit Carson, que nous voyons par ailleurs, les complices de Pecos Bill, comme nous l'avons déjà signalé plus haut, sont des personnages, apparentés à des figures ayant réellement existées. L'un est une femme, Calamity Jane, ancienne Outlaw, rencontré dans le n°52 et dernier de la Nouvelle série, qui tombe également amoureuse du héros et qui va le suivre pendant cinq ans, dans toutes ses aventures. L'autre personnage clé de cette histoire, est un homme, un «gros» mythomane, gros dans tous les sens du terme, Davy Crockett dit Big Tex, usurpateur caricatural, d'une autre légende vivante du West : Davy Crockett, un des héros mort au cours du siège de Fort Alamo par les troupes mexicaine de Santa Anna, tombé le 6 mars 1836. Mélangeant habilement légende et réalité, les auteurs abordent, comme ceux de Tex Willer (autre héros de légende italo-américain), tous les thèmes classique du western : caravanes de pionniers et attaques indiennes, chercheurs d'or et villages fantômes, bandes organisées de pillards et shérif véreux, mystérieuse sectes blanches et non moins mystérieuses tribus de peaux rouges plus ou moins oubliées dans des territoires inexplorés… Cette saga étalée sur plus de 5 ans, a connu en Italie comme en France, un succès spectaculaire. Il faut dire que ce savant mélange de réalités et de légendes, d'exagération et de fantaisie, due aux scénarios de Guido Martina appuyé par de superbes dessins des auteurs que nous avons énumérés plus haut, parvient à faire croire à de nombreux lecteurs qu'il s'agit d'une superbe série américaine !!! d'autant que les auteurs donnent, de temps à autre, des détails assez précis de la vie américaine. Il n'est que de voir ci-dessous, quelque chose d'assez rare en BD mais que l'on retrouve sous une autre forme dans Tarzan (qui, découvrant Dieu, lui adresse des prières d'action de grâce), les planche du Thanks Giving Day traduit en français par Journée du remerciement. Quelques remarques complèteront utilement cette présentation et quelques particularités de la collection. Ainsi à la planche 12 du n°1, nous voyons Tournevis raconter la légende de Pecos Bill à Meg Morgan et, dès la planche suivante, en un raccourci saisissant, mélange de réalisme et de fantaisie pour ne pas dire de fantastique, celle-ci rencontre Pecos Bill et ses amis les coyotes ! L'explication avancée par Meg est celle d'une hallucination… nous pouvons préciser qu'il s'agit là, d'une hallucination, à la fois « visuelle et auditive », autrement dit d'une apparition quasi biblique, comme celle de Paul sur le chemin de Damas ! Notons également qu'à ses débuts, le personnage n'est probablement pas encore bien assis dans la tête des auteurs et les aspects de Pecos Bill sont assez divers dans les premières planches : Il se présente d'abord avec un chapeau à large bord assez incongru dans le contexte et qui lui donne un air plutôt banal. Ce chapeau est définitivement perdu, à la dernière vignette de la planche 32A dans le récit publié dans le périodique Aventures APG et dans la planche 19 du n°1 du récit complet. De même et probablement pour la même raison, Pecos Bill apparaît chevelu et moustachu dans la légende de Meg au pied léger enlevée dans la lune, à la pl. 38B du périodique Aventure APG et planche B5 du n°2 de la collection en récits complets. Heureusement que les dessinateurs n'ont pas persisté dans cette vision du héros, peut-être charmant, voire charmeur mais sans plus… Cette image de Pecos Bill est cependant reprise dans plusieurs éditions italiennes ultérieures, sans la moustache il vrai. Jane Calamity apparaît au n°52 et dernier de la Nouvelle série, un rien plus sexy dans les éditions ultérieures, où elle apparaît avec jupe fendue et souvent, pas mal retroussée(…).
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