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Le bon temps rue Sainte Marthe Les anciens voisins de la rue Ste Marthe de la période 1945/1960 se sont retrouvés pour évoquer leurs souvenirs d'époque. Un saut dans un passé riche en réjouissances. Il est courant de voir les natifs d'une même année se rassembler pour une journée de retrouvailles. Moins banale est la démarche des anciens locataires de la rue Sainte Marthe à Stiring-Wendel qui viennent de se revoir, une trentaine d'années après avoir été dispersés aux quatre coins de la région. Dans le milieu des années soixante, les Houillères du Bassin de Lorraine avait entrepris la rénovation des logements de leur patrimoine. La rue Sainte Marthe y a aussi eu droit. Pour ce faire, les locataires ont été relogés ailleurs. Toute une époque venait d'être effacée. Cependant, le contact n'a pas été perdu pour tous. Quelques-uns étaient revenus habiter dans la rue après les travaux. Les familles D'Andréa et Zilliox ont continué à se voir. En évoquant leurs souvenirs, l'idée leur est venue il y a deux ans de revoir leurs anciens voisins. Ils avaient quelques adresses, des annonces dans le Républicain Lorrain, sur une radio locale et le bouche à oreille ont fait le reste. Ils ont été une trentaine à se retrouver autour d'une table au chalet Les Mélèzes à Forbach. Souvenirs, souvenirs Inutile de préciser que la nostalgie était de la partie. En échangeant les souvenirs, les convives ont fait resurgir toute une époque consacrée au travail. Mais aussi pleine de joies, de bonne entente entre voisins. Par flots sont remontés à la surface, pêle-mêle, les anecdotes. Ainsi le père qui amenait les jeunes, garçons et filles, au carreau de la mine pour aller travailler à la « Griewel », avec dans les musettes, un casse-croûte au saindoux pour tenir le coup. Puis la grande grève de 1948 avec les batailles de rue entre gréviste et CRS, les grenades lacrymogène, les arrestations, les enfants envoyés dans les familles ouvrières à Paris car ici la faim commençait à se faire ressentir. D'aucuns se souviennent de la soupe populaire du quartier. Et un jour il ya eu une grande fête, un défilé avec un drôle d'instrument qui s'appelait « Schalmei » (sorte de cornemuse) et le travail reprenait. Il y avait aussi des périodes plus calmes. Les veillées le soir davant la porte, assis sur les marches jusque tard dans la nuit. Le tout ponctué par les jeux de cartes comme le « Schofskopp », les séances de cinéma d'un certain Diwo qui projettait Laurel et Hardy sur une toile tendue sur le mur de la maison d'en face. Enfants ils allaient s 'ébattre dans des jeux et des batailles mémorables du côté du crassier situé entre le puits et le Habsterdick. Il y avait aussi les fêtes « la Lyonerfescht » à chaque acompte et jour de paie aux HBL, la Kirb (la foire) où mangeait des repas améliorés. Soit du lapin, choucroute et « Leberknödel », les tartes aux quetsche. Allez, c'était quand-même le bon temps... Avec l'aimable autorisation de R. Scheuer (Correspondant local du Républicain Lorrain)
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