Salut à vous mineurs de France
Le nom que l'on vous a donné
La récession vient à outrance
La France vous a laissé tomber

Quand après la guerre de quarante
On vous demandait de la relever
Vos sacrifices et les souffrances
Sont depuis longtemps oubliés

Dans les poussières et les fumées
Vous avez laissé vos santés
Pour les grands aucune importance
La mine a fini d'exister

Adieu promesses des beaux jours
Pour ton avenir mineur toujours
Et aujourd'hui c'est décidé
La mine a fini d'exister.

A ceux qui ont tous les pouvoirs
Mener le mineur au désespoir
Vous qui avez tout décidé
Merci de les avoir sacrifiés.

Je ne suis plus mineur de France
Mais je suis de l'avoir été
Je fais le reproche à notre France
De vous avoir abandonné.

Paul Bienvenu, ancien maire de Behren

Pauvre de moi
Me voici maintenant comme eux,
Voguant tant bien que mal
Par ci, par là entre les étals,
Faisant semblant d'être heureux.
Me voici disais-je
Poussant mon chariot plein,
Un enfant à la main,
Dans ce drôle de manège
Je fais aujourd'hui mon marché,
Comme hier j'allais danser,
Espérant quelques moments joyeux.

Moments que je répugnais avant,
Mais comme on me l'a appris,
"Je rentre dans le rang"
Je suis maintenant comme eux.

Ruppel François, Stiring-Wendel

La ruelle des souvenirs
Au coeur de mon village une rue m'a vu grandir
Pour moi elle s'appelle ruelle du souvenir
Quand je pense à l'enfance, au bonheur oublié,
Mon âme part en ballade, rien ne peut l'arrêter...

Le visage collé tout contre la vitrine
Je me revois gamin en train de regarder
L'échoppe à l'ancienne ne payant pas de mine
Où oeuvrait depuis peu un, maître cordonnier
Son marteau voltigeait, l'odeur de cuir, de colle,
Parfois il souriait, moi j'allais à l'école

Au coeur de mon village une rue m'a vu grandir
Pour moi elle s'appelle ruelle du souvenir
Quand je pense à l'enfance, au bonheur oublié,
Mon âme part en ballade, rien ne peut l'arrêter...         

Une sonnette tintait quand on poussait la porte
S'ouvrant sur la boutique tenue par l'épicier,
Dans un coin de la pièce, des légumes de toute sortes 
Des fruits, de la salades et posé à coté,
Un énorme fût en bois dans lequel marinait,
Une véritable mer de gros harengs salés...

Au coeur de mon village une rue m'a vu grandir
Pour moi elle s'appelle ruelle du souvenir
Quand je pense à l'enfance, au bonheur oublié,
Mon âme part en ballade, rien ne peut l'arrêter...

Chez l'ami boulanger on achetait des Schnecks,
Des petits pains au lait, du chocolat fourré,
Des grands bocaux en verre, posés sur son comptoir,
Il tirait à pleines mains des bâtons de réglisse noir

Il est bien loin le temps des Chewing-gums gagnants,
Des barres de Carambar qui nous collaient aux dents...
Au coeur de mon village une rue m'a vu grandir
Pour moi elle s'appelle ruelle du souvenir
Quand je pense à l'enfance, au bonheur oublié,
Mon âme part en ballade, rien ne peut l'arrêter…
Clément Keller

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Souvenirs
Ce soir j'ai pris le temps de trier mes souvenirs,
Ils étaient tous enfouis au fond d'un vieux carton,
De vieilles photos jaunies, s'offrent à mon regard,
C'est tout ce qui me reste des rêves d'antan...
Mes yeux sont pleins de larmes,
Mais où passe le temps...
C'est vrai que j'ai vieilli, je n'suis plus un enfant...
Le doux regard d'une fille, qu'un jour j'ai embrassé
Sur ce vieux quai de gare, à Carbonia je crois,
Oh ma belle Sardaigne, île où je suis né,
Les années passent, vite je n'ai rien oublié...
Comme un enfant perdu, je reviendrai un jour,
Retrouver ma famille, retrouver mes amours...

C'est vrai qu'on a vieilli, on n'est plus des enfants,
Les années passent vite, on n'a pas pris le temps...
Clément Keller, extrait du CD Anthologie

Fille mathématique
Tu mènes une vie connexe, dans cet espace réel ou complexe,
Amorphe, voire holomorphe, fonction du temps et de l'argent...
Et quand tu lèves l'indétermination, l'amour se développe en série,
Et tout converge dans ce rayon, vers les limites de la nuit...
Quand tu bronzes, c'est l'intégrale, tu ne fais pas dans la partie,
En somme, pas de détails, toute division serait de taille...
Et quand tu lèves l'indétermination, l'amour se développe en série,
Et tout converge dans ce rayon, vers les limites de la nuit...
Devant une telle géométrie, mes yeux par ces sphères éblouis,
Te parcourent tels un scanner, voir pages roses d'un dictionnaire...
De rotations en translations, tout n'est que transformation,
Venu le temps des moissons, tu récoltes les fruits de la passion...
Et quand tu lèves l'indétermination, l'amour se développe en série,
Et tout converge dans ce rayon, vers les limites de la nuit...
François Heitz, Hultehouse, extrait du CD Anthologie

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