Pauvre de moi Me voici maintenant comme eux, Voguant tant bien que mal Par ci, par là entre les étals, Faisant semblant d'être heureux. Me voici disais-je Poussant mon chariot plein, Un enfant à la main, Dans ce drôle de manège Je fais aujourd'hui mon marché, Comme hier j'allais danser, Espérant quelques moments joyeux.
Moments que je répugnais avant, Mais comme on me l'a appris, "Je rentre dans le rang" Je suis maintenant comme eux. Ruppel François, Stiring-Wendel
La ruelle des souvenirs Au coeur de mon village une rue m'a vu grandir Pour moi elle s'appelle ruelle du souvenir Quand je pense à l'enfance, au bonheur oublié, Mon âme part en ballade, rien ne peut l'arrêter...
Le visage collé tout contre la vitrine Je me revois gamin en train de regarder L'échoppe à l'ancienne ne payant pas de mine Où oeuvrait depuis peu un, maître cordonnier Son marteau voltigeait, l'odeur de cuir, de colle, Parfois il souriait, moi j'allais à l'école
Au coeur de mon village une rue m'a vu grandir Pour moi elle s'appelle ruelle du souvenir Quand je pense à l'enfance, au bonheur oublié, Mon âme part en ballade, rien ne peut l'arrêter...
Une sonnette tintait quand on poussait la porte S'ouvrant sur la boutique tenue par l'épicier, Dans un coin de la pièce, des légumes de toute sortes Des fruits, de la salades et posé à coté, Un énorme fût en bois dans lequel marinait, Une véritable mer de gros harengs salés...
Au coeur de mon village une rue m'a vu grandir Pour moi elle s'appelle ruelle du souvenir Quand je pense à l'enfance, au bonheur oublié, Mon âme part en ballade, rien ne peut l'arrêter...
Chez l'ami boulanger on achetait des Schnecks, Des petits pains au lait, du chocolat fourré, Des grands bocaux en verre, posés sur son comptoir, Il tirait à pleines mains des bâtons de réglisse noir
Il est bien loin le temps des Chewing-gums gagnants, Des barres de Carambar qui nous collaient aux dents... Au coeur de mon village une rue m'a vu grandir Pour moi elle s'appelle ruelle du souvenir Quand je pense à l'enfance, au bonheur oublié, Mon âme part en ballade, rien ne peut l'arrêter… Clément Keller
Souvenirs Ce soir j'ai pris le temps de trier mes souvenirs, Ils étaient tous enfouis au fond d'un vieux carton, De vieilles photos jaunies, s'offrent à mon regard, C'est tout ce qui me reste des rêves d'antan... Mes yeux sont pleins de larmes, Mais où passe le temps... C'est vrai que j'ai vieilli, je n'suis plus un enfant... Le doux regard d'une fille, qu'un jour j'ai embrassé Sur ce vieux quai de gare, à Carbonia je crois, Oh ma belle Sardaigne, île où je suis né, Les années passent, vite je n'ai rien oublié... Comme un enfant perdu, je reviendrai un jour, Retrouver ma famille, retrouver mes amours... C'est vrai qu'on a vieilli, on n'est plus des enfants, Les années passent vite, on n'a pas pris le temps... Clément Keller, extrait du CD Anthologie
Fille mathématique Tu mènes une vie connexe, dans cet espace réel ou complexe, Amorphe, voire holomorphe, fonction du temps et de l'argent... Et quand tu lèves l'indétermination, l'amour se développe en série, Et tout converge dans ce rayon, vers les limites de la nuit... Quand tu bronzes, c'est l'intégrale, tu ne fais pas dans la partie, En somme, pas de détails, toute division serait de taille... Et quand tu lèves l'indétermination, l'amour se développe en série, Et tout converge dans ce rayon, vers les limites de la nuit... Devant une telle géométrie, mes yeux par ces sphères éblouis, Te parcourent tels un scanner, voir pages roses d'un dictionnaire... De rotations en translations, tout n'est que transformation, Venu le temps des moissons, tu récoltes les fruits de la passion... Et quand tu lèves l'indétermination, l'amour se développe en série, Et tout converge dans ce rayon, vers les limites de la nuit... François Heitz, Hultehouse, extrait du CD Anthologie
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