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Quand, au début de la Révolution, les parlementaires décident que l'État doit assurer l'éducation de la jeunesse, ils entendent exercer un contrôle sur les ouvrages qui seront destinés à l'enseignement. À cette époque, l'instituteur ne choisit pas son manuel qui est pourtant conçu à son usage personnel, au titre de la formation : « avec un bon ouvrage, qui sert de base aux leçons, un homme à talents, quand même il ne serait pas profond dans toutes les branches de la science ou de l'art qu'il doit enseigner, acquerra bientôt ce qui lui manque encore » (L-F-A Arbogast. Rapport sur la composition des livres élémentaires- 1792). Historiquement, le manuel est donc un livre du maître et tous les régimes qui se sont succédé jusqu'en 1880 ont cherché à contrôler ses contenus et sa diffusion. Sous la Révolution et au début de la monarchie de juillet, l'État diffuse des livres officiels. Plus tard, on instaurera l'agrément remis par des commissions ministérielles très rapidement mises à mal par le clientélisme. Ce n'est qu'en 1880 que Jules Ferry contestera une circulaire du 22 juin 1837 qui rappelait que : le choix de ces ouvrages ne saurait être abandonné sans direction à la volonté des instituteurs publics qui, le plus souvent, n'ont ni le temps, ni les ressources nécessaires pour se décider en connaissance de cause » et qu'il se dira persuadé que : « cet examen en commun des livres, des méthodes, des appareils d'enseignement deviendra un des moyens les plus efficaces pour former l'esprit pédagogique de nos maîtres (…) pour les accoutumer surtout à prendre eux-mêmes l'initiative, la responsabilité et la direction pratique des réformes. Les éditeurs s'efforcent alors de répondre aux besoins des enseignants. Le contenu comme la forme des livres de classe s'en trouvent profondément modifiés. Les abrégés indigestes laissent la place à des ouvrages dans lesquels l'appareil pédagogique (questionnaires, exercices, documents…) est dominant. S'ajoutent bientôt la gravure puis la photographie vers 1920. La décennie 1960 consacre l'omniprésence de l'iconographie et la généralisation de la quadrichromie. |
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